— 08. 05. 2026
— 08. 05. 2026

Les news du bord – 8 mai

Philippe Benaben – Dessine moi la high tech

Blackout sur Platypus – Dessine moi la High Tech
14h. Alarme du pilote : tension batteries en PLS.
Bizarre… normalement, j’ai un autre machin qui panique avant lui.
Je tente le grand classique : démarrage moteur.


Rien.
Le néant électrique absolu. Même pas un petit “clac” pour sauver l’honneur.
Et là : extinction générale.
J’affale le spi en vrac — ce qui, soyons honnêtes, est en train de devenir ma méthode officielle.
Petit diagnostic tranquille :
plus un électron nulle part.
NI. DANS. AUCUNE. BATTERIE.
Les batteries de service à plat, bon… admettons.
Mais le circuit moteur est indépendant !
Donc là, soit les électrons ont fait grève, soit ils ont quitté le navire en annexe.
Gros moment de solitude.
Je commence à envisager une arrivée en Martinique à la Slocum : barre amarrée, regard vide, dérive philosophique.
Plan de survie :
je branche une batterie directement sur le panneau solaire, comme un médecin de campagne sous perfusion artisanale.
Je prends une route globalement compatible avec les Caraïbes et surtout orientée plein soleil pour nourrir le panneau.
Toute l’après-midi, je surveille le pourcentage comme un trader crypto en plein krach.
Au coucher du soleil : 19%.
Le boitier d’état de charge de la batterie affirme ça avec un optimisme que je trouve personnellement déplacé.
Je tente quand même.
Je branche la batterie sur le moteur.
Je sacrifie mentalement un poulet aux dieux du diesel.
Et là…
ÇA DÉMARRE.
Miracle mécanique. Résurrection électrique.
Le temps de tout rebrancher, ranger le chaos et me voilà reparti en course.
J’ai remis la musique.
Blackout des Scorpions, évidemment.

Morgane Robin & Veronique Ansel – Les Elles du Large Parkinson

Sacrée journée ! Les grains étaient nombreux et on a enchaîné les changements de voiles d’avant : spi léger, spi lourd, génois… avec peu d’heures de sommeil.
Le clou de la journée a été la manille entre la chaussette de spi et le spi lourd qui a lâché, suivi par l’attache de la chaussette en elle-même. Ça a donné un spi à l’eau qui a fait chalut et la chaussette à l’eau aussi qui elle faisait ancre flottante derrière le bateau. On a récupéré l’ensemble sans encombre puis il a fallu aller récupérer la drisse de spi restée en tête de mât.
Honneur à la jeunesse, je m’y suis collée.
Vue très sympa à une 15aine de mètres je recommande, idéal pour repérer les grains et les concurrents !
Côté sécurité, bon point pour le casque, un peu moins pour le short avec un mât carbone dont le vernis n’est plus là, j’ai désormais quelques grammes de carbone dans la peau…
Morgane
Les Elles du Large

Maxime Breuvart – SOS Prema

Le 8 mai n’était pas chômé à bord de Bowloom SOS Prema !

À 4 h ce matin, je réalise un simple empannage par une quinzaine de nœuds de vent. Cette manœuvre doit normalement prendre une quinzaine de minutes en comptant la préparation, la manœuvre en tant que telle, ainsi que le réglage et la remise en ordre du bateau sur son nouveau bord… Hélas, j’étais peut-être mal réveillé ou j’ai voulu aller trop vite et, au milieu de la manœuvre, mon spi s’est dégonflé et enroulé autour de l’étai : c’est ce qu’on appelle « cocotter » ! J’ai pu descendre mon spi sans l’abîmer puis le renvoyer, mais la manœuvre, qui aurait dû me prendre 15 minutes, a duré une bonne heure ! Un bon rappel à l’ordre sans trop de frais…

Depuis ce matin, le vent est plus constant et mieux orienté. Bowloom a gagné quelques nœuds et il est plus à l’aise dans ces conditions. La mer est un peu formée, ce qui fait qu’on peut déclencher quelques surfs et atteindre à nouveau des vitesses à deux chiffres à certains moments !

Dans l’après-midi, j’ai profité d’un calme relatif pour changer le foc qui était à poste. Depuis le cap Finistère, j’avais mon grand génois (J2), utile pour me sortir de ces zones de pétole. Je l’ai rangé pour mettre à sa place le J3/ORC, qui est un peu plus petit et bien plus facile à manœuvrer, ce qui sera un avantage si nous avons des grains à traverser dans les jours à venir. Cette manœuvre n’est pas difficile mais un peu plus longue à réaliser seul. Après avoir fini, je me suis donc offert un petit goûter : « brownie aux noix » apertisé.

Autre fait remarquable : première douche de la traversée ! Très agréable, l’eau étant à 26 degrés et l’air à plus de 30. J’ai donc pu réaliser une grande toilette avec savon de la tête aux pieds et, comble du luxe, je me suis rincé avec quelques décilitres d’eau douce. J’ai ainsi pu valider le protocole qui me permettra d’être fréquentable pour mon arrivée à Fort-de-France !

Mais il est trop tôt pour parler d’arrivée ! Le jeu est toujours de trouver le bon chemin pour aller à l’ouest tout en gagnant au sud afin de trouver des vents plus soutenus et rester au contact des concurrents en temps compensé.

Le sud et l’ouest veulent également dire la rencontre des sargasses ! Ce sont des algues qui prolifèrent depuis quelques années avec la pollution venue d’Amérique et le réchauffement climatique. Ces algues posent problème quand elles s’échouent sur les plages, ainsi que pour nous quand elles viennent se coincer dans la quille ou les safrans de nos bateaux. Dans les jours à venir, je vais en rencontrer de plus en plus et devoir utiliser la technique de la corde à nœuds pour m’en défaire. La corde à nœuds est une simple corde avec des nœuds que l’on jette à l’avant du bateau et que l’on vient ensuite tirer pour essayer de déloger les algues bloquées sur nos appendices. La technique est assez simple, mais elle est assez physique à la longue.

Sur ce, je vais justement aller dormir un peu car on ne sait jamais ce que la nuit nous réserve.

Bon week-end prolongé à tous

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