— 13. 05. 2026
— 13. 05. 2026

Les news du bord – 13 mai

Jérôme et Loïc Apolda – Infinite

Le vent s’est un peu renforcé ces dernières 24 heures. Il est désormais bien établi autour de 20 nœuds avec de belles rafales à 25-27 nœuds.

De quoi envoyer quelques beaux surfs.

En contrepartie, la mer est devenue bien croisée. Il faut rester attentifs en permanence pour éviter les “vracs” : ces départs au lof ou embardées brutales où le bateau part de travers sous l’effet d’une vague ou d’une rafale, avec le risque de coucher le bateau, ralentir fortement ou partir au tas sous spi.

Bref, on essaye d’en faire le moins possible même si on en a fait facilement une demi douzaine. L’avantage c’est que ça enlève les algues dans la quille!

Dans la nuit, notre secteur de barre s’est désaxé d’une trentaine de degrés. Fin du pilote pour nous aider au pire moment : nuit noire, mer formée et bateau lancé à pleine vitesse.

On a pu réparer ça au matin et retrouver un fonctionnement normal.

Sinon, les nuits deviennent de véritables attaques de poissons volants. Dès qu’on traverse un banc de poissons, ils se ruent littéralement sur le pont et dans le carré.

Et ça finit par sérieusement sentir le poisson.

Chaque matin, il faut donc nettoyer la terrasse avant de repartir pour une nouvelle journée.

Brice Tailliandier & Charles Sordet – OMG Mes Talents

Jour 23
L’atlantique ne se traverse pas sans acquitter la taxe de séjour: savoir souffrir dans son corps et son esprit. Mais bien heureusement il y a aussi de nombreuses joies et ce sont pour les vivre que nous avons embarqué dans cette galère!
Commençons par les peines :
mal de mer, froid puis chaleur éprouvante, manque de sommeil (2 a 3 heures fractionnées par jour les 3 premiers jours puis 5 à 6 heures ensuite), humidité permanente y compris dans ses bagages, manque d’hygiène, fesses martyrisées à force d’être assises sur un banc en résine, mouvement incessant du bateau ne permettant pas de se déplacer sans se tenir, bruit permanent du vent, de la mer et du bateau qui tape craque, mugit, nourriture un peu monotone, lit qui ressemble à une paillasse de fakir, réveil en plein sommeil en urgence pour faire une manœuvre car le vent est monté ou pour éviter les cargos, bobos multiples qui s’infectent avec l’eau de mer, peur quand le bateau se couche et que les voiles claquent avec fracas, ou de casser son mât, de percuter un objet flottant la nuit, d’entrer en collision avec un cargo, de tomber à l’eau, usure psychologique et physique  d’une compétition 24/24 et 7/7…
Mais les joies viennent surabonder toutes ces galères : émerveillement tous les soirs en contemplant la voûte céleste sans pollution lumineuse et pouvoir même observer la Croix du Sud à partir du tropique du cancer, nombreux et longs surfs sur les vagues à des vitesses folles sous un soleil radieux, dauphins qui viennent nous fêter quotidiennement, lumière tropicale magnifique, amitié vécue intensément, sentiment de vivre une aventure unique et véritable, moments d’introspection notamment pendant les quarts de nuit, étonnement de parcourir le globe au seul moyen du vent et en totale autonomie, jubilation de gagner des places au classement, fierté de se dépasser, de mieux se connaître a travers l’épreuve, humilité face à l’immensité de l’océan, joie d’accomplir un rêve d’enfance et bientôt joie de franchir la ligne!
A l’heure où nous écrivons ces lignes, ce dernier bonheur reste au stade de l’imagination mais il se rapproche !

Philippe Benaben – Dessine-moi la High Tech

Hier ? Ah… masterclass de la mauvaise journée. Probablement la meilleure de toutes les pires journées, si on veut voir le verre à moitié vide (et percé).
En vrai, c’est pas une mauvaise journée, c’est une œuvre d’art en accumulation de galères. Mon option très sud ? Mystère et boule de gomme… Les vents et les fichiers météo ont décidé de faire leur vie sans prévenir. Résultat : descente sous le vent pour mieux remonter… un grand classique du “je fais n’importe quoi mais avec style”.
Du coup, petite angoisse sympa : et si j’avais fait toute cette route sud… pour le plaisir ? Genre tourisme, mais sans le rhum à l’arrivée.
Évidemment, sinon ce serait trop simple, j’ai meme dû ressortir le spi asymétrique pour remonter plus. Totalement prévu… dans un monde parallèle.
Et alors là, le pilote automatique… un grand champion. Depuis le début il fait des siennes, mais hier il a décidé de passer en mode festival. J’en étais à deux doigts de lui parler comme à un enfant capricieux. J’ai même dû prendre un deuxième ris dans la grand-voile pour calmer le jeu. Bref, à un moment, j’ai vraiment cru que j’allais poser ma démission de moi-même.
Conclusion logique : fin de journée = moi, extrêmement grognon. Niveau humeur : ours mal léché. Je suis allé me coucher en mode boudeur professionnel.
Et là, plot twist : j’ai bien dormi ! Bon, j’ai dû me lever 6 à 8 fois… mais franchement, comparé à la journée, c’était des vacances. Le vent et le pilote ont été (presque) sages, un exploit.
Donc voilà, nouveau jour, nouvelle tentative de ne pas sombrer dans la folie douce. Pour les résultats… eh bien, suspense, on verra bien ce que le scénario nous réserve.
Ce matin, ambiance grains à gogo avec un peu de pluie. Pour l’instant, ils font les gentils niveau vent… donc on va dire : c’est pas la catastrophe… pour l’instant
Et ce soir un magnifique coucher de soleil

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