— 04. 05. 2026
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Les news du bord – 4 mai

Jérôme & Loïc Apolda – Infinite

Descente au portant dans 15 à 20 nœuds établis. Le bateau marche bien, on reste dans les bonnes vitesses.

On a eu quelques attaques de poissons volants à bord, surtout la nuit, dont certains ont essayé de finir en passagers clandestins.Le point principal reste la météo. Une dorsale sans vent se déplace sur notre route. L’objectif est de réussir à se glisser par le sud pour éviter de se faire piéger.Les fichiers meteo donnant sa localisation ( en bleu sur la carte juste au dessus de la fleche nous localisant) bougent beaucoup d’un routage à l’autre, rien n’est encore figé.

On ajuste notre position au mieux pour garder des options et s’adapter à l’évolution.

Philippe Benaben – Dessine moi la high tech

Bonjour et bienvenue à bord du Platypus – Dessine-moi la high-tech, là où la technologie flirte avec le bricolage de fortune.
Petit bilan des derniers jours : le Grand Tour de l’Atlantique se poursuit tranquillou. Après la côte africaine, ses innombrables pêcheurs et ses ports industriels.
J’ai (hélas et malgré moi) contribué à la mode locale en perdant une Crocs rouge à l’océan. Lancement officiel de la tendance printemps-été 2026.

La seconde Crocs, plus chanceuse, a été promue kayak officiel de la mascotte de bord, Enki. On ne sait jamais, s’il tombe à l’eau, autant qu’il soit bien équipé.
Les poissons volants, toujours aussi ponctuels, confirment l’arrivée de la chaleur. Bonus non négligeable : ils m’aident à faire sécher le linge.
Aujourd’hui, ambiance plus calme qu’hier. Un peu plus serré, mais ma foi, ça avance plutôt bien avec des réglages de petit temps.
Hier, en revanche, grosse journée bricolage. Objectif : faire fonctionner l’antenne Starlink. Spoiler : ce n’était pas l’antenne le problème, mais son alimentation électrique. Une connectique cachée dans une trappe à l’arrière, une autre sous le moteur, et hop, ajout d’un deuxième élément de puissance… sous la couchette arrière. Très pratique en solo, surtout quand on aime le yoga nautique.

Côté voiles : changement de spi (asymétrique → symétrique), retrait du ris dans la grand-voile… Bref, un dimanche bien rempli, sans option repos.
La nuit fut calme — enfin, calme façon marin — avec de multiples variations de vent. Résultat : réveils réguliers pour régler le bateau, la trajectoire, et vérifier que tout tient encore debout.
Actuellement, je mets le cap sur mon waypoint aux îles du Cap-Vert.
Le Platypus avance avec des beaux levers et couchers de soleil et Enki la mascotte surveille… depuis sa Crocs.
À suivre 🚤🐟

Maxime Breuvart – SOS Préma

Nouveau changement d’ambiance à bord de Bowloom SOS Prema.

Il commence à faire vraiment chaud et j’ai déjà (ou enfin) sorti ma tenue anti-UV ! Premiers poissons volants aperçus, un sur le pont ce matin, et un autre en vol au ras des flots.

Côté intendance, les inventaires de nourriture, d’eau et d’énergie sont faits, tout est OK pour tenir jusqu’en Martinique malgré la durée exceptionnelle de cette transat. Il ne reste néanmoins plus beaucoup de produits frais, hormis quelques agrumes et quelques compotes pour agrémenter les repas appertisés.

Côté course, le groupe dans lequel je suis n’a pas d’autre choix que de couper un peu à l’ouest dans une zone de calme pour essayer de raccourcir la route et ne pas rester simplement derrière le groupe de devant. C’est néanmoins un pari risqué : je navigue toujours au niveau de ma polaire, je surveille ma trajectoire et on aura le résultat de ce choix d’ici quelques jours. Le classement en temps compensé est loin d’être joué !

Bon début de semaine à tous.

Maxime, heureux d’être en mer

Ludovic Menahes – France Alzheimer Morbihan

Bonjour à toute l’équipe,

Aujourd’hui cela fait deux semaines que l’on est en mer. Petit bilan.

J’ai fait du tourisme. La route était barrée, il fallait passer par les Canaries.
Pendant plusieurs jours, j’hésitais à faire le grand tour. Le mardi 28 avril, c’est acté, je contourne les Canaries pour descendre au plus vite sur le continent africain récupérer de l’air. Et hà, Stupeur, quand je vois que je suis le seul à avoir pris cette option ! Le doute s’installe et les 24h qui vont suivent « c’est pas la fête à bord »

Le 29 avril au soir, je touche l’air venu chercher, le moral revient de suite. Je vais longer pendant 2 jours le Sahara Occidental (c’est pas tous les jours qu’on pense à aller visiter ces coins là… Puis, c’est la traversée, route directe vers les Cap Vert. Direct, un grand mot « Je ne sais plus combien de fois, j’ai changé de configuration de GV et voile d’avant ! ».
Mais on en a fait des surfs !!!
Une anecdote qui aurait pu mal se finir. J’ai empanné de justesse juste devant un filet de pêche qu’un bateau remontait en le longeant sur une grand distance. A la VHF, ils m’avaient indiqué être en pêche mais pas un filet devant le bateau. Ils étaient tellement contents que je n’ai pas défoncé le filet (moi de même car je ne sais pas comment je m’en serai sorti !) qu’en passant juste à coté (tangon sous le vent)… ils ont applaudit !

1 semaine pour aller aux Canaries. 1 semaine pour aller au Cap Vert. Si cela pouvait être la même chose pour la 3ème étape… La Martinique !

Enfin, la chaleur est là depuis 2 jours. On peur ranger les cirés et sous-couche…. Je viens d’envoyer le S2, j’espère ne le descendre qu’au port.

Louis Ajacques & Eliott Gourvil – Pierre Claver

Deuxième semaine

Terre en vue – merveilleuse sensation d’apercevoir du relief à l’horizon après des jours de monotonie et de grisaille. L’approche des Canaries se fait à pas feutrés en raison de l’immense bulle sans vent sur l’archipel. On en profite pour monter au mat afin de reinstaller une drisse et réparer une latte de GV. Notre position en arrière de la flotte et la vue des concurrents empetolés nous fait opter rapidement pour un passage à l’est de Fuerteventura, afin de piquer au plus vite vers les côtes africaines et retrouver du vent. Enfin le Sahara occidental apparaît au bout de notre étrave.

Le longe côte africain nous renvoie vers des vitesses honorabes. Le moral s’enhardit et nous battons notre propre record des 24h de vitesse le 2 Mai. Nos rêves de dunes ondulantes, de caravanes et de sable fin seront vite rattrapés par une réalité plus abrupte : ports industriels et nuées d’éoliennes en série. Comme tous les concurrents, le secteur oblige à une extrême concentration tant les pêcheurs sans feux et les filets de pêche baladeurs sont nombreux. Boum, on accroche l’un d’eux dans la nuit, heureusement pas trop coriace et qu’un départ au lof suffit à libérer.

Cap à l’Ouest, enfin – la dorsale semble remonter doucement ce qui nous évite le tourisme cap-verdien des leaders. Parenthèse extatique de fendre longuement les flots accompagnés d’un banc de dauphins – rapidement transformée en angoisse contenue à l’arrivée d’une famille d’orques qui vient renifler nos appendices. Un passage sous le bateau .. puis un deuxième. Quelle puissance se dégage de ces animaux. On se rassure en s’affirmant avec contenance que les marocains sont moins taquins que leurs cousins espagnols. Au bout de 20 min, ils passent leur chemin – l’occasion de profiter d’une bonne cigarette.

Les routages d’ensemble nous font atterrir autour du 18 à fort de France. Cette transat atypique va être longue et on s’adapte en conséquence : l’eau est rationnée, le chocolat aussi. Chaque jour la tournée du bateau fait apparaître des petits bobos qu’on tâche de solder comme on peut : cloche de tangon fragilisée, winch qui grince, drisses qui couinent, poulies qui claquent – autant d’onomatopées qui rythment la vie du bateau, la vie comme on l’aime. On ouvre chaque jour avec bonheur des petits mots glissés par nos copains dans nos sacs de bouffe – avec celui d’aujourd’hui, une tartiflette lyophilisée ..

Grégoire Despretz – 20Ans 1Projet

Blessé
Hier soir, en rentrant à l’intérieur pour me préparer un dîner, mon pied droit se dérobe sur l’échelle qui permet de descendre dans la cabine. Je m’aperçois quelques secondes plus tard que ma cheville est lâche et que je ne peux plus lever mon pied, mon cerveau ne commande plus cette action…
Pas de plaie, pas de bleu, pas de coup…Stress, panique, je pense tout de suite à une mauvaise posture qui aurait comprimé un nerf. J’essaye de triturer mes orteils mon pied, tirer, pincer, masser…rien n’y fait
Nuit blanche entre les coups de fil au CROSS qui coordonne les secours en mer . Il me transmettent le CCMM, des urgentistes spécialisés pour les blessés en mer. J’alerte le médecin ainsi que le directeur de course
Les diagnostics ne semblent pas très posés
Il est 0h30, on refait un point à 2h30, les choses n’ont pas évolué..
En parallèle, j’alerte ma tante dont le papa pourra sûrement m aider, c’est le cas pour un premier état des lieux.
Je préviens d autres amis et familles et qui mettent en lien avec des spécialistes, neurochirurgiens, chirurgiens orthopédiques, kiné, un miracle cette mobilisation 🥰
Dans la matinée les choses s’affinent et tendent vers une compression du nerf poplité externe .
Pas grand choses à faire, à part se reposer et espérer que le nerf se remette en activité..
À bord c’est la panique, j’ai un grand spi, nuit noire, des rafales à 25 noeuds…dur dur mais le pilote gère toute la nuit. Starlink fonctionne à plein badin pour des visios.
Mon pied est toujours paralysé sur un mouvement qui provoque des pertes d’appui et risques de chutes…pratique sur un bateau.
Sur les conseils de Fred, je fabrique une chaussure avec des tendeurs pour éviter que mon pied se dérobe.
Faut que j’aille sur le pont, orienter les panneaux solaires pour produire de l’électricité et surtout changer de spi. Sur les conseils d’un autre concurrent, je choisis une route plein ouest pour éviter les manœuvres sur les prochains jours (🤞). Avec la patte boitieuse, doucement, J’affale le grand spi et je hisse le A5, un spi asymétrique qui devrait être plus adapté et polyvalent . Avec la mer qu’il y a , ne pas mettre de spi c’est la certitude de se faire secouer comme un prunier pour rien.. pas le choix faut continuer à avancer .
Manœuvre ok, il est midi, je file essayer de trouver le sommeil mais impossible, trop d’adrénaline. Que faire, s’arrêter, abandonner, continuer?
1000 questions
Un nouveau neuro chir semble confirmer que les symptômes sont normaux et encore un autre ne s’inquiète pas et me d’une situation normale qui doit durer 48/72h avant de retrouver l’usage de mon pied droit.
Moral dans les chaussettes, cris, pleurs, c’est dur.
Mais on y va, pas le choix! Je me mets en posture pour la jouer safe pendant 48h encore et voir comment ça évolue avec ces. La zone de navigation devrait être plus calme à partir de demain aprèm et je pourrai mieux reposer ma jambe et ne pas trop bouger. Encore une fois je croise les doigts.
Mon nom de course est 20Ans 1Projet – OB’AJA. Eux ils ne baissent pas les bras face aux difficultés , je vais m’en inspirer, je leur dois, ainsi que pour moi et tous ceux qui me suivent.
Je garde espoir et je remercie l’ensemble des personnes m’ayant aidé ces dernières heures, vous êtes géniaux
J’espère revenir avec de bonnes nouvelles demain matin et un pied de compet’
Ce soir, je ne vous embrasse pas, je vous serre dans mes bras.
Ps: pardon, il subsiste sûrement quelques fautes daurtografe

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