Les news du bord – 5 mai
Alexandre Morand & Tristan Gegaden – Les étoiles de la baie
« Des tortues, des poissons qui volent et la douche automatique : « le défi du Cap Vert »
Apres 16 jours de mer, 1770 miles parcourus, 7 litres de Gasoil, 20 litres de Methanol… et pas mal de café, voici quelques lignes sur les 48 heures passées.
Une fois la « bataille des Canaries » ainsi que la descente de la côte du Sahara Occidental jusqu’au port de Lagouira derriere nous, nous commencons a bifurquer vers l’ouest.
*Cap Magnétique et Relativisme*
La nuit est meilleure que la précédente (nous n’avions pu dormir que 3 heures) mais une forme de manque de vigilance s’installe pendant la nuit ou peut etre une flemme d’effectuer un changement de voile a 3 heures du matin, le pilote ne tient pas le cap voulu =》 ça se paye cash!
Le constat est clair, nous avons trop abattu par rapport au cap pendant la nuit, maintenant il faut re-lofer pour rattraper la route perdue… c’est vraiment là qu’on se dit que Cap Magnétique et Relativisme ne font pas bon ménage… vous savez, le relativisme, c’est la petite voix qui te dit: « on est fatigués, en plus il doit y avoir une erreur dans la cap magnétique et puis la route est longue on verra ça plus tard »… non, non,… paiment cash en sortie!
*Le Défi du Cap Vert*
Fort de ce constat partagé au petit dejeuner, une réaction est nécessaire: le couteau entre les dents, nous mettrons tout en oeuvre pour améliorer cap et vitesse moyenne: on veut remonter nos 3 ou 4 principaux concurrents qui nous avaient distancé pendant la « Bataille des Canaries ».
une longue journée à barrer le bateau sous spi par un vent établit â 23 noeuds avec rafales à 26 noeuds : c’est le « Défi du Cap Vert »!
Nous sommes quasiment vent de travers pour remonter sur la route directe du Cap Vert.
Il faut savoir que le vent de travers sous spi dans la brise n’est pas une allure des plus confortable ni reposante.
nous progressons rapidement (souvent plus de 12 noeuds de vitesse) mais au prix d’un effort certain qui met a l’épreuve musculatures et articulations: nous nous relayons toutes les heures à la barre. A cette allure, c’est la douche automatique, on se recoit des paquets de flotte et sommes trempés, les fesses mais aussi tout le reste (c’est ok j’ai pris 23 caleçons !)L’eau est à presque 25 degrés, au moins ce n’est pas froid. Les résultats ne se font pas attendre avec une amélioration notable de la vitesse moyenne sur 4h et 24h et nous sommes désormais revenus sur la route et avons rècupéré quelques places.
*Le roi du Gyro 3*
La gestion du pilote automatique est un art compliqué mais absolument essentiel car il est intrinsèquement lié à la durée du sommeil de l’équipage (je passe sur l’importance de la gestion du sommeil…).
Dans la maitrise de cet art délicat, Alexandre a excellé! Je lui ai décerné le titre de « roi du Gyro 3 » pour avoir sauvé plusieurs de nos nuits.
Un pilote n’agit pas qu’en force mais aussi en finesse,à chaque condition d’angle au vent + force du vent + état de la mer correspond un réglage optimal qui assurera de maniere équilibrée la bonne marche du bateau.
Il y a quatre paramètres principaux à calibrer en fonction des conditions :
– la barre
– la contre-barre
– le lissage vent
– le gain
Il faut donner une valeur numérique a chacun de ces parametres.
Évidemment, nous avions préparé durant l’année écoulée, l’utilisation optimale du pilote mais les conditions réelles ont nécessté des ajustements essentiels par tatonnements.
Dans le manuel constructeur NKE, il existe bien des abaques qui donnent 9 réglages standards (allures: Près Reaching, Portant ; conditions: vent faible, vent medium, vent fort), mais ces abaques sont établis pour le bateau Beneteau Figaro 2 aussi il convient de les adapter et optimiser pour le JPK 10.30.
Avant le départ, les Experts NKE avaient arpenté les pontons de la Trinitè sur mer et réalisé gracieusement une révision matérielle et logicielle des bateaux équipés NKE. Chez nous, Xavier a effectué notamment une mise a jour du micrologiciel qui gère le pilote (v1.5) et qui devait aporter pas mal d’améliorations au portant : je confirme que cette amélioration est significative!
Merci aux Ingénieurs NKE ainsi qu’à Xavier et Mathieu!
Une précision: NKE c’est Breton donc c’est bien ! (important de le souligner:)
*Tortues et Poissons volants*
Et puis Il y a des Poissons volants « Exocet » un peu partout autour de nous, on les voit sortir, voler et planner au ras de l’eau sur 200m puis replonger. Ces poissons-oiseaux se jettent littéralement sur le pont du bateau, on en ramasse à l’avant ou dans le cockpit
Certains équipages de la course s’en font des fricassées (si, si, on a vu les photos!)
Des tortues aussi! Qui surnagent a la surface, certaines sont imposantes et on se demande ce que ca donnerait en percutant un de nos safrans…
La terre est en vue a 10h30 ce lundi matin (heure francaise), nous passons a 15 miles de Porto Novo. Le Défi du Cap-Vert est terminé, le « Challenge des alysées » commence, mais ca c’est une autre histoire .
Jérôme & Loïc Apolda – Infinite
On avançait un peu en dessous de la polaire ce matin. Le coupable a vite été identifié : un bout de filet pris dans le safran. Ça n’a pas été facile mais on a réussi à le retirer grâce à une latte de foc cassée que nous avons réparée pour l’occasion, au grey tape.
Petit point logistique : on allège un peu le rationnement sur cette transat. Il nous reste 24 petits-déjeuners, donc retour à une ration normale, un chacun.
Ça fait du bien 🙂
Côté conditions, ces dernières 24h ont été marquées par des vents plus légers avec la proximité de la dorsale. Beaucoup de réglages, surtout la nuit.
On était un peu trop haut en trajectoire, et deux concurrents plus au sud nous sont revenus dessus. On s’accroche et on remet ce qu’il faut. On va les reprendre.
Morgane Robin & Veronique Ansel – Les Elles du Large Parkinson
Eric Chalaux et Bertrand Boré – UDSM
Etienne Duhot et Tanguy Dupont – Excellence Ruralités
Le 04 mai au matin, après une nuit avec des rafales à plus de 35 noeuds qui a provoqué plusieurs empennages violents engendrant notamment la casse d’une barre de safran, nous découvrons avec dépit que notre étai (cable d’avant) est cassé à 50% de son filetage.
Conséquences pour notre navigation:
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Sécurisation nécessaire du mât avec des drisses frappées aux pontets d’amarrage.
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Navigation au portant obligatoire pour ne pas forcer sur l’étai à l’avant
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Nécessité de monter au mat pour protéger les câbles qui flottent dans l’air et qui risquent de déchirer nos voiles.
L’enjeu est double pour notre équipage, maintenir notre cap et un minimum de vitesse pour atteindre les antilles dans un délai raisonnable, mais surtout ne pas démâter. Pour cela, l’option la plus sécuritaire reste d’envoyer un gennacker qui remplacera fictivement notre étai et nous permettra d’avoir un peu de puissance.
Le 05 mai dans l’après midi, la décision est prise. Malgré une mer formée avec 2m de vagues, Tanguy le plus léger des équipiers, grimpe tel un singe en haut du mat pour sécuriser le tout et éviter que les cables volants ne déchirent les voiles.
Opération réussie, nous pouvons à présent hisser le gennacker et retrouver un peu de vitesse, bien que nous allons devoir regarder la flotte partir devant à présent car nous sommes bien en dessous de nos vitesses cibles.
Nous avons pu également réparer le safran avec du bi-composant et des vis filetées.
Ce soir, repos mérité pour l’équipage en espérant que les réparations nous permettent de poser le pied à Fort de France dans quelques jours !
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