— 27. 04. 2026
— 27. 04. 2026

Les news du bord – 27 avril

Philippe Benaben – Dessine-moi la High Tech

Dessine‑moi la high‑tech : une journée qui commence merveilleusement bien… par un bol de porridge renversé.
Un peu de mer, un peu de vent, Platypus qui cavale à 12 nœuds, et forcément, à un moment donné, le bol de porridge pourtant solidement amarré au Jetboil a décidé de tenter sa chance dans le grand large.
Résultat : porridge 1 – skipper 0.
Sinon, pour résumer la journée d’hier en deux mots (bon, un peu plus), dans la matinée j’ai affalé le grand spi : le vent commençait à envoyer sérieusement.
J’en ai profité pour changer le processeur du pilote. L’opération s’est bien passée… mais alors niveau durée, on est plutôt sur un épisode long que sur un sketch court.
Reconfigurer tout le bus électronique, c’est un peu comme démonter une montre suisse en pleine mer : une usine à gaz flottante.
Après ça, passage sous S3, empannage nickel, rien à signaler.
Journée assez cool sous S3, suivie d’une nuit que j’adore : cavaler sous spi. Le bateau à fond les ballons dans 30 nœuds de vent, spi lourd dehors, un ris dans la grand‑voile… du sport, mais du bon, celui qui fait sourire même quand tout vibre.
Et puis voilà, les dés sont jetés.
Au menu :
  • soit la route nord, avec son cocktail de molles, de perturbations au près, et de transitions aussi molles que mon porridge avant son naufrage,
  • soit la route sud, direction les alizés et une vie plus simple.
Toute la flotte a voté sud. J’ai longtemps hésité, mais les prévisions au nord ressemblent plus à un tirage de loto qu’à une vraie stratégie.
Donc cap au sud : longer Madère, puis viser les Canaries, avec un petit coucou aux copains de Dakhla pour une pause kite virtuelle.
Conséquence : j’arriverai plus tard que prévu initialement…
Mais bon, le rhum peut bien attendre un peu.
Moi aussi, j’ai appris la patience — surtout avec un bol de porridge.

Ludovic Menahès – Raphaël pour Alzheimer

Bonjour à toute l’équipe,

Aujourd’hui cela fait une semaine que l’on est en mer. Petit bilan

Bah… cela n’a pas été simple.

La bouée BXA a aller chercher sur les portières avec un pilote qui des siennes.

J’utilise Top Sailor à bord. De temps en temps : « VROUM VROUM VROUM Pilote inversé – Pilote décroché ! » La 1ère fois s’a fait bizarre puis on s’habitue et surtout on sait exactement ce qui se passe.

La traversée du Golfe de Gascogne au début sous génois tangonné (cause pilote). Après une matinée avec Teem et NKE. Giro 3 HS, il faut passer sur le Giro 2. Mais pour continuer il va falloir passer tous les afficheur sur le pilote de secours. Un peu de câblage…Il faut attendre un peu de calme. Quelle chance, cela arrive l’après-midi même alors que je l’attendais qu’au Cap Finistère.
1h au fond du bateau … quelques tests. C’est bon tout fonctionne… aller envoi du spi qui sera affaler au Cap Finisterre.

Le contournement du Cap Finisterre ne sera pas du repos pour un solo car quand il manque de vent, il faut être toujours dessus. Un peu plus d’une journée. Mais il a fait beau et le soir rencontre avec un Galion

Enfin , on renvoi le spi pour descendre le long de l’Espagne… Je peux aller dormir .. Enfin !

Puis c’est la descente dans les alizés portugais et là, c’est plus la même affaire. La mer est dégueulasse. Il faut s’agrément réduire la toile pour que le bateau aille droit. 1ère nuit compliquée et la 2ème avec la bonne configuration de voile .Nickel !
Pour que le bateau file droit, le pilote est réglé d’une manière où on ne peut rester debout dans le bateau. Les moments de plaisirs… trop peu par rapport aux inconforts… Mais cela va venir. Rassurez vous, il y en a eu, c’est que sur le moment en sur-vitesse avec des coup barre permanent, j’ai hâte que cela se termine… encore une petite journée et on sera au Canaries

Là, c’est quasi-route directe sur les canaries (encore un empannage). A priori, toute le monde en a décidé ainsi, hier en fin de journée. J’espère que l’on va trouver la chaleur car franchement il froid. Toutes les nuit, voir la journée, il faut garder ses doubles peaux sous les vêtements.

Morgane Robin & Veroniqu Ansel – Les Elles du Large

Point carto Cap-Martinique

Jour 8
27èmes/31 en temps réel
22èmes/31 en temps compensé
Après une semaine de course, nous voici plus au large et filant au portant en direction des Canaries.
Dans un vent remonté progressivement jusqu’à 30 nœuds en rafales, on est passé du spi léger au spi lourd puis au spi lourd arisé avec le J3 devant et 1 ris dans la GV.
La mer se creuse et les vagues sont croisées, on se fait bien balloter sur notre petit bateau à la carène ronde. Malgré quelques problèmes techniques (rupture de la balancine de tangon, barre cassée) on continue et on reprend du terrain sur nos concurrents, ce qui était inespéré face aux bateaux modernes qui ont des carènes plus stables dans ces conditions.
On barre toute la journée et c’est assez éprouvant, on en a encore pour quelques jours à descendre vers le sud dans les mêmes conditions. Ensuite, les routages (détermination du chemin à emprunter en fonction des fichiers météo et de la stratégie) deviendront plus techniques et il nous faudra faire un choix entre une route Nord ou Sud face à l’anticyclone des Açores qui n’est pas très stable actuellement.
Les Elles du Large

Maxime Breuvart – SOS Préma

Aujourd’hui 7e jour de course et je me dis que cela passe trop vite. Je prends donc le temps de me remémorer les moments exceptionnels vécus.

L’au revoir aux proches et à mes filles la veille du départ. Le départ au ponton avec Eric venu me soutenir, Thibaut et Jean-Philippe, les organisateurs de la course. Le départ en tête sur la ligne. Les conditions musclées des premiers jours, bien négociées. Le golfe de Gascogne, les orages, la pétole, le cap Finistère. Ces cargos et ces pêcheurs croisés tout au long du parcours.

La satisfaction des manœuvres bien anticipées et bien réalisées. Les surfs incroyables avec Bowloom et son pilote qui tiennent bon.

Le suivi des classements et des concurrents à l’AIS. À fond sur les réglages, la stratégie et la météo. Cette fameuse dorsale qui nous occupe l’esprit depuis deux semaines. La gestion du sommeil et de l’alimentation. Vos messages de soutien et vos marques d’affection.

Les couleurs de la mer. La magie du sillage du bateau glissant dans une mer formée… Les levers et couchers de soleil, les nuages, l’ambiance de la nuit, la lune, les étoiles…

Il y aurait encore tant à dire. Cette expérience est incroyable, inédite, mais au final presque naturelle tant je m’y suis toujours projeté. Je n’ai jamais passé autant de temps seul en mer, et je suis bien. Heureux d’être là, en mer et en course.

Depuis deux jours, Bowloom regagne du terrain, progressivement, sur les bateaux qui le précèdent. Comptez sur nous pour maintenir le rythme !

Maxime en course pour SOS Prema.

Jérôme & Loïc Apolda – Infinite

Nous continuons de filer bon train sous les alizés portugais. Une vingtaine de nœuds bien établis, une mer qui se creuse progressivement… et le bateau qui s’exprime pleinement. À chaque vague, il décolle. Les surfs s’enchaînent, jusqu’à 16 nœuds. Sensations pures. Grisantes.

Entre deux accélérations, un spectacle inattendu s’offre à nous. Des tortues. Partout. 50 à 80 cm de diamètre. Toute la journée, elles apparaissent, disparaissent, furtives, insaisissables. Impossible de les capturer en photo, pas le temps de faire demi tour non plus. Massives, presque archaïques, avec leurs écailles épaisses et sombres, elles semblent sorties d’un autre âge. Leur tête, à peine visible, n’invite clairement pas à y mettre les doigts… On ne s’attendait pas à croiser une telle vie sauvage au large du Portugal, encore moins sur ce qui ressemble à une route migratoire.

Mais la journée a surtout été studieuse.

Nous avons récupéré les derniers fichiers météo de l’Atlantique. Et le constat est sans appel : la route habituelle et directe, de Madère vers la Martinique, vient de se fermer par une dépression provocant une rupture des alizees.

2 options s’offrent à nous:

Une route Nord mais à la clé : vents faibles, zones de molle, près, mer formée, risque de casse bateau…
Alors une seconde option s’impose peu à peu. Plus longue, mais potentiellement bien plus efficace : descendre vers les Canaries, longer la côte africaine, et aller chercher les alizés profonds. Là-bas, un flux régulier, puissant, fiable, qui pousse jusqu’aux Antilles. Un véritable rail météorologique.
Le prix à payer ? Plusieurs centaines de milles supplémentaires.
Le pari ? Aller assez vite, assez longtemps, pour que ce détour devienne un raccourci.
On choisit d’y croire. Et on ne lâchera rien.
La journée se termine pourtant sur une note plus brutale. La fatigue commence à s’installer. Lors d’un empannage, une vague vient frapper le bateau au mauvais moment. Le hale-bas de tangon cède net. À l’avant, Loïc est balayé et finit partiellement à l’eau — heureusement sécurisé par son gilet comme toujours. Jérôme, les mains mises à rude épreuve, parvient à retenir le spi, évitant que la situation ne dégénère.
Quelques minutes intenses. Puis le calme revient.
On remet de l’ordre. Le spi est de nouveau en place.
Restera a réparer le tangon, heureusement que nous avions un double.

Vidéos du bord

PARTAGER L’ARTICLE

+ d’actualités

  • — 16. 05. 2026

    Pierre Grippon - Green Sanctuaries J27 Journée apocalyptique hier sur Green Sanctuaries !!! Hier vers 6h00 du matin (heure martiniquaise), nous nous apprêtons à empanner (changer de direction). Empannage [...]