Flash : Jacques Montécot et Emmanuel Vignon 27ème duo en Martinique
Jacques Montécot et Emmanuel Vignon (Loire Odyssée) sont le vingt-septième duo à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique ce lundi 18 mai à 03h12 (locale).
Leurs réactions
C’est quoi le premier sentiment là qui vous vient ?
Jacques : Le premier sentiment, c’est l’apaisement.
Emmanuel : Ouais. L’apaisement, le fait d’avoir été au bout.
Vous avez eu quelques péripéties, vous pouvez nous raconter un petit peu ?
Jacques : Alors, la première nuit déjà, entre l’île d’Yeu et le continent, il y avait du monde dans le coin, donc je faisais très attention. Au moment où Emmanuel est allé se coucher, je veillais vraiment partout. À un moment donné, tout était clair, je rentre à l’intérieur, et au bout de 5 minutes, quand j’avais bien fait le tour du bateau, alors qu’on filait à dix nœuds, le bateau a fait un bruit terrible qui l’a bloqué. En 15 secondes, il s’est retrouvé à l’arrêt, bloqué par un chalutier. On s’est arrêtés pile-poil à 5 mètres des chaînes, parce que le câble du chalut a pris toutes les filières, a tout arraché et a arrêté le bateau. Je voyais le câble dans la filière et les gars gueulaient, mais ils n’arrêtaient pas le chalut. La puissance d’un chalut, c’est énorme, et ce câble-là est devenu une chaîne ; je voyais la chaîne qui allait casser le bateau, et c’est passé à 1 centimètre du hauban. Dans la panique, j’ai largué toutes les voiles et, par miracle, il y a un autre câble à gauche qui a failli tout envoyer en l’air, mais tout ça s’est passé à quelques centimètres et on a pu se dégager. Le bateau aurait pu être détruit, c’est là qu’on voit que la force d’attache est incroyable ; nous étions sur un petit bateau de trois tonnes. Première frayeur, c’était ça.
Emmanuel : J’étais à l’intérieur parce que je me préparais. On avait l’impression d’une machine infernale, une espèce de machine du diable qui faisait pression sur le bateau. Ça faisait un bruit d’enfer et je me disais qu’on allait y passer.
Jacques : Eux n’arrêtaient pas leur manœuvre, ils n’arrêtaient rien. Je n’ai même pas pu prendre le nom de leur bateau parce qu’il n’y avait pas d’éclairage. Puis finalement, on a eu un coup de chance terrible : les câbles se sont dégagés. Les chandeliers ont bien sûr été détruits, le câble de gauche a coulé, on est passés, et le bateau s’est mis à pivoter en faisant des embardées incroyables.
Emmanuel : Alors après, les séquelles, c’est qu’on avait des chandeliers pliés, et du coup on avait une fuite au niveau des chandeliers. On a donc passé notre transat à écoper le placard de la cuisine, voilà, c’était pas mal ! Et alors la deuxième aventure, c’était entre les Canaries et le Cap-Vert. Tout se passait bien, et là c’est Jacques qui va se coucher. Moi je lis mon bouquin, tout se passe bien, puis j’entends un gros bruit métallique. Je jette le bouquin, je sors dehors pour essayer de voir ce qui se passe. Bien entendu, on ne voit rien la nuit. Je rentre dans la cabine et je fais rapidement un check-up : je regarde derrière, au milieu, et devant s’il y a de l’eau, et devant moi, il y avait déjà peut-être 5 centimètres d’eau dans la cabine. Alors là, je réveille Jacques, je lui dis : « Jacques, on a touché quelque chose, qu’est-ce qu’on fait ? » Moi j’ai trouvé ça extrêmement bien parce que Jacques, avec son expérience de 7 transatlantiques, a mis ses bottes, il a dit : « Sors la pompe, sors le kit de réparation ». On a juste fait ce qu’il fallait à bord. Lui était serein ! Moi j’étais hyper flippé, et lui, au milieu du boulevard océanique, il est serein ; c’est vachement rassurant.
Jacques : En tout cas, la pompe, c’est extraordinaire parce que tu la mets en place et ça te permet de supporter un débit d’eau qui est quand même assez conséquent. Il faut savoir qu’en 2022, avec Jean-Noël de Tourin qui gérait la sécurité, il m’avait dit : « Jacques, ça ne va pas, tu as deux pompes dans le Figaro, mais tu n’as pas une pompe qui fait 200 litres par minute ». Moi j’avais pesté, je l’avais même engueulé : « Jean-Noël, on se connaît quand même, tu ne vas pas m’emmerder avec ça, j’en ai encore pour 500 balles pour acheter un truc comme ça, on n’en a pas besoin ». Mais il n’a pas cédé, il a fait son boulot ! Et je peux te dire que j’ai béni cette pompe, parce que 200 litres par minute, ce n’est rien quand tu as une voie d’eau, et cette pompe a tourné pendant 36 heures. En fait, nous avions une voie d’eau qu’on a réussi à résorber grâce au kit d’urgence. Ce kit contient de la fibre de verre, une résine et un durcisseur qu’il faut mélanger puis appliquer. La difficulté, bien sûr, c’est que l’eau rentre dans le bateau pendant l’opération. Mais c’est quand même super costaud et assez épais. Sur le Figaro, toute une partie du polyester à l’intérieur faisait une verrue, et mon idée c’était de remettre ça en place. J’ai demandé un marteau et des pinoches. Avec une pinoche, j’ai remis le polyester en place ; on s’en prenait plein la gueule quand même ! Comme il y a une double coque avec un sandwich en bois, j’ai gratté tout ça avec un tournevis pour avoir une surface propre. Finalement, c’est là qu’on voit l’avantage d’être deux ; le mec en solo qui est tout seul, je ne sais pas comment il peut se débrouiller.
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