— 16. 05. 2026
— 16. 05. 2026

Jean-Gabriel et Timothée Petit 21ème duo en Martinique

Jean-Gabriel et Timothée Petit (Afuté) sont les vingt-septièmes à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique ce samedi 16 mai à 10h48 (locale). Le duo a mis 26 jours 7 heures 47 minutes et 33 secondes pour parcourir les plus de 4 000 milles entre La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et Fort-de-France (Martinique). Ils écopent d’une pénalité de 7h59 suite à leur escale en Espagne où ils ont bénéficié d’une aide extérieure pour changer leur grand-voile.

Bravo les garçons. Comment est-ce que vous allez ce matin ?

Jean-Gabriel : Je pense qu’on ne peut pas aller mieux là. Vraiment. C’est incroyable. Hier et cette nuit, on n’a eu que des petits problèmes à la fin de la course, ce n’était vraiment pas facile. Plein de petits problèmes à la fin, les conditions ont changé toutes les 3 secondes. On pensait que l’arrivée serait tranquille sous le soleil. 

Timothée : C’est le cas là, mais c’est ça qui est beau aussi : ce sont les montagnes russes jusqu’à la fin, pendant toute la course, quoi. Et du coup, il y a des jours où on s’ennuie et on a envie de rentrer. Il y a des jours où on n’a pas le temps de se poser, avec des trucs à faire. C’est vraiment ça. Je pense que c’est vraiment une course de fous, quoi.

Vous êtes les seuls à ne pas avoir mis en place la Starlink à bord. Vous étiez vraiment dans votre bulle pendant 26 jours ?

Jean-Gabriel : Ou c’est vraiment le point exceptionnel, je trouve, de ne pas avoir pris Starlink. Et je trouve d’ailleurs que c’est même un peu dommage que tous les autres concurrents l’aient pris, parce qu’on ne s’en rendait peut-être pas compte avant le départ, mais quand on est sur le bateau pendant 25 jours et qu’on n’a vraiment pas de connexion, on a des moments de bonheur et de liberté que jamais on ne peut avoir. Le moindre petit plaisir, et chaque seconde, chaque minute en fait… il faut vraiment penser que chaque seconde, on la vit sur le bateau. On regarde à droite, à gauche, la mer, les voiles tout le temps, tout le temps, et on n’a aucune autre distraction en fait. Donc on prend le temps de s’ennuyer, mais on ne s’ennuie pas vraiment et ça passe hyper vite.

Du coup, racontez-nous parce qu’on n’a pas eu beaucoup de nouvelles. Donc on veut savoir comment ça s’est passé ?

Timothée : Le passage de BXA a été un peu compliqué. On a fait un très bon départ. Très bon départ, on était 12èmes en duo, on n’était pas mal. Au passage de la bouée, on déchire la grand-voile. Donc on est obligés de faire escale à La Corogne, en Espagne. 

Jean-Gabriel : En fait, après la bouée, elle s’est déchirée petit à petit à plein d’endroits différents, et puis sur un empannage, même si on avait bien bordé et qu’on avait prévu le coup, elle a éclaté. 

Timothée : On a essayé de la réparer, ça n’a pas fonctionné. Du coup, on a été obligés de faire l’escale. C’est un petit coup dur parce qu’on est passés de 12èmes à derniers. Ouais. Mais du coup, la course était différente. C’était un peu la remontada, aller chercher les autres un par un. Donc c’était aussi sympa. 

Jean-Gabriel : Du coup, on est hyper fiers aussi parce qu’on a su garder un très gros mental et, mine de rien, on a quand même réussi à rattraper 10 bateaux. Donc ça c’est quand même top.

Vous êtes le plus jeune équipage. Est-ce que ça, au quotidien, c’est une force ou, au contraire, des fois vous vous êtes dit que vous manquiez d’expérience ? Comment avez-vous géré ça ?

Timothée : Je pense qu’on avait aussi envie de prouver que ce n’est pas juste parce qu’on est jeunes qu’on manque d’expérience, et qu’on pouvait en envoyer aussi. Et je pense qu’on a plutôt montré ça sur le parcours, donc c’était cool. 

Jean-Gabriel : Moi je pense qu’on l’a bien montré là ces derniers jours. On a envoyé du steak. Forcément, il y a des vieux loups de mer qui ont beaucoup d’expérience, dont c’est leur troisième Cap-Martinique. Et nous, évidemment, on se rend compte qu’il y a des moments où on manque un peu d’expérience et on se fait surprendre. Et aujourd’hui, si on reprenait une transat, on ne la ferait pas du tout de la même manière, c’est sûr.

Est-ce que ça vous a donné envie de revenir justement ? Vous avez trouvé ce que vous recherchiez  ? Ça vous donne envie de revenir ?

Jean-Gabriel : Ouais ouais, carrément. Surtout quand on arrive ici avec un accueil comme ça, on ne peut qu’avoir envie de revenir, avec plein de gens en plus. Mais c’est vraiment une aventure unique. Enfin, en tout cas, c’est à la fois long, ça passe hyper vite et on s’éclate comme des fous, quoi. Ouais.

Ça se voit. Vous avez la banane. Du coup maintenant, c’est repos. Il y a votre famille qui est là. Vous allez profiter un peu de la Martinique ou il y a du boulot là ?

Timothée : Moi, la vie de jeune étudiant reprend. J’enchaîne sur mon stage la semaine prochaine, donc à Paris. Ça va faire un petit contraste un peu sympa. 

Jean-Gabriel : Forcément, avec le retard global de la flotte, on va peut-être profiter un peu moins. Mais on est tellement contents d’être arrivés. On va quand même déguster ces deux-trois prochains jours avec la famille ici sous le soleil.

PARTAGER L’ARTICLE

+ d’actualités