Greg Bulckaert et Mathieu Philippe 10ème duo en Martinique
Greg Bulckaert et Mathieu Philippe (Les Savateuses) sont les treizièmes à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique ce vendredi 15 mai à 7h32 (locale). Le duo a mis 24 jours 20 heures 32 minutes et 14 secondes pour parcourir les plus de 4 000 milles entre La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et Fort-de-France (Martinique).

Il est 8h en Martinique, bienvenue. Vous l’avez mérité votre petit rhum ? Racontez-nous cette traversée.
Greg : C’était un peu les montagnes russes en termes de conditions et aussi en termes de sentiments et d’émotions. Ce qui a été constant par contre, c’est que tous les deux, c’était super. Oh ouais, il n’y a pas trop de doute là-dessus. C’est vrai que, comme on est un vieux couple avec tout le respect, on s’entend bien. Mais non, les conditions étaient hyper mouvantes. Et notamment, la course nous réservait un finish de dingue. Les derniers jours étaient assez durs : une mer démontée, hachée, des grains, et surtout de la nuit dernière jusqu’à hier, une journée très très difficile. On a eu une houle désorganisée depuis la Mauritanie, depuis le Maroc. C’était croisé en permanence et ça changeait toutes les heures. On ne sait pas pourquoi, il n’y a pas de hauts-fonds, c’est comme ça. Mais ça a rythmé un peu la course.
Mathieu : Internet a beaucoup tourné quand même parce que, constamment, on regardait où étaient les copains qui attaquaient. Est-ce qu’on se fait grignoter ou est-ce qu’on grignote ? En fait, c’est toutes les heures la pression qui arrive ou la pression qu’on met. Je pense que l’arrivée du haut débit change la donne parce qu’on est tout le temps sur le qui-vive. Et ce jusqu’à hier où, catastrophe, pétole horrible, notre 10e place s’effondre. Il a fallu avaler la pilule. Il y a trop de monde, beaucoup de choix, mais on s’entend bien.
Quel est votre meilleur souvenir de la traversée ?
Greg : Alors moi, sans hésiter, c’est la côte africaine. Après les Canaries… alors déjà, quand j’ai vu qu’au large de Madère on n’allait pas aller à Madère, mais aux Canaries, j’étais un peu déçu, j’étais très content d’aller à Madère. Mais quand j’ai vu en plus qu’il y avait une grosse bulle sans vent sous les Canaries et que ça promettait du vent et de la pression en Afrique le long de la côte saharienne, alors là, je suis passé en mode aventure. Je me suis dit : « longer le sable du Sahara, ça ouais, je veux ! »
Mathieu : C’est comme ça qu’il me l’a vendue, la Cap ! Je n’ai pas été déçu. Il m’a dit « Ouais, tu vas voir… ». Non, ce n’est pas vrai, je n’étais pas du tout venu chercher de l’aventure, pas du tout ! Et à l’arrivée, je trouve ça super, le passage par les Canaries. Oui, oui, mais ça c’est plus mon côté un peu ibérique. Mais non, longer le Maroc c’était un truc de dingue, c’était génial. Il y a des oiseaux différents, on croise des embarcations de pêcheurs un peu traditionnelles. D’ailleurs, on en a croisé des centaines, en masse, en grappes, c’était incroyable. On a longé cette bande de sable interminable avec, en plus, les premières vraies chaleurs. C’est vraiment là qu’on a commencé à prendre des douches à l’eau de mer.
Greg : Son meilleur moment à lui, ce n’est pas la côte africaine. C’est mieux que ça. En fait, les organisateurs nous avaient dit que ça durait 25 jours, et nous on était partis sur l’idée de 21 ou 22 jours en regardant les statistiques des éditions précédentes. Mais finalement, ça a duré 25 jours. Donc on était un peu courts en nourriture, mais super Mathieu avait mis une petite traîne au départ quand il fallait. Ce n’était pas bon pour la performance de pêcher, mais il nous a chopé un mahi-mahi, une dorade coryphène de 75 cm ! Un truc de dingue. Ça nous a rajouté deux jours de bouffe. Alors, il a fallu tout manger d’un coup parce que sinon ça s’abîmait, et ça, c’était la super surprise. Ah ça c’est sûr, on a fait des sushis, les œufs frits, et puis on a des filets qu’on a cuits à la poêle pour ne pas les perdre, un truc de dingue.
Jusqu’au bout vous vous êtes battus, jusqu’au dernier point comme l’asso que vous représentez, Les Savateuses. Est-ce que ça donne aussi une saveur particulière à une transat ?
Greg : C’est le combat, c’est Les Savateuses ! Ça, c’est le combat. Donc justement, des fois on en prend des coups et on fait un check-up. « Alors, tu as des bleus ? Ah ouais, dis donc, tu ne l’as pas vu celui-là ! » Enfin bon, on se checke quand même. On n’a pas eu de gros bobos matériels ou humains, merci. On a fait gaffe à tout ça. Et c’est vrai que c’est un combat, mais c’est une composante de l’ADN de la course qui est unique et qu’il faut absolument préserver. C’est génial que chaque bateau ait une cause parce que, finalement, on n’est que des amateurs. Oui, il y a un enjeu sportif, mais bon, il n’y a pas grand-monde, je pense, qui nous regarde. Le fait de soutenir une association permet à la course de changer de dimension et c’est vraiment une source de motivation supplémentaire. On a un vrai soutien à terre et c’est chouette.
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