— 14. 05. 2026
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Alexandre Noël et Damien Le Moign 7ème duo en Martinique

Alexandre Noël et Damien Le Moign (Fondation Arthritis) sont les dixièmes à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique ce jeudi 14 mai à 6h20 (locale). Le duo a mis 23 jours 1 heure 20 minutes et 52 secondes pour parcourir les plus de 4 000 milles entre La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et Fort-de-France (Martinique).

Comment vous sentez-vous ce matin ? Vous avez un sacré comité d’accueil. Ça fait du bien, j’imagine, après 23 jours en mer ?

Alexandre : Ouais, je suis hyper ému de voir tous les proches, toute la famille. C’était un projet qu’on a construit tous ensemble. Donc c’est un grand moment et puis on est surtout crevés quand même. 

Damien : Ça fait chaud au cœur en fait. Moi, je ne pleure quasiment jamais et là, je crois que depuis ce matin, j’ai versé les larmes de toute une ville.

Comment s’est passée votre course ? Racontez-nous.

Damien  : C’était bien, c’était super, c’était long. J’ai trouvé ça dur par moments. Vraiment dur. En fait, c’est que ça ne s’arrête jamais, tu vois ? Et puis à chaque fois que tu te dis que ça va se calmer, tu remets du charbon dans la machine parce qu’il faut aller plus vite en fait. Et ça finit par user. Moi, ça m’a vraiment usé, voilà. On pensait avant de partir qu’on aurait des moments dans la journée où on pourrait bouquiner ou laisser les esprits vaquer ailleurs, et en fait, on a régaté pendant 24 jours, donc c’était génial.

Vous avez rencontré des petits pépins techniques ? Vous avez sorti la boîte à outils ?

Damien : Non, quasiment pas. On avait super bien préparé le bateau et on a cassé une mâchoire de tangon le deuxième jour. Voilà, et c’est vraiment le seul truc qu’on a eu, mais on avait l’outillage qu’il fallait. On a réparé ça assez vite. On l’a recassée hier, en forçant, mais c’était l’arrivée, donc voilà. Mais on n’a déchiré aucune voile, on n’a plus eu de problème avec le pilote. Franchement, le bateau pourrait repartir la semaine prochaine. Je ne dis pas demain parce qu’il y a quelques trucs à revoir, mais il est en super état.

On vous sent complices tous les deux. Comment ça s’est passé à bord ?

Alexandre : Moi en tout cas je le ressens pareil. On navigue ensemble depuis plus de 25 ans, mais sur de l’inshore, sur des régates entre trois bouées, et avant on était adversaires en dériveur. Donc on se connaît vraiment depuis longtemps, et du coup, on se connaît dans nos bons et nos mauvais côtés. 

Damien : Je pense qu’on sait tous les deux jauger qui dérape et qui a besoin de prendre un peu de recul ou de dormir un peu. Je pense qu’on a été vachement en soutien l’un de l’autre. C’était une consigne des organisateurs, du coup on l’a appliquée. Et je pense que c’est hyper important en fait. Les petites erreurs qu’on peut faire, parce qu’on en fait tous… c’est ça la voile en fait, c’est une course à l’erreur. C’est celui qui en fait le moins qui gagne. Eh bien, on fait tous des erreurs. Et en fait, ce n’est pas grave, il faut aller de l’avant. On en fera tous, on en a fait, on en fera encore, et si on arrive à se remobiliser derrière, ça marche. Et je pense que c’est ce qui nous a vachement aidés jusqu’à ce matin.

Ce qui fait tenir aussi, c’est que vous avez une cause sur votre coque. Est-ce que vous pouvez nous parler de cette association ?

Damien : Alors, on s’est associés à la fondation Arthritis parce qu’on est touchés dans notre environnement proche par les maladies musculosquelettiques. Là, mon épouse est atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde sévère. Et donc, en fait, avec Alex, on avait ce projet depuis hyper longtemps, et quand j’ai lu le bouquin du directeur de la fondation, Lionel Comole, qui est atteint d’une spondylarthrite ankylosante et qui est coureur automobile… il explique ça dans un bouquin : que malgré les douleurs, malgré la peine au quotidien, en fait, rien n’est impossible. Et du coup, ce projet sportif, on s’est dit qu’on allait essayer de l’associer à une cause qui nous parle. Et voilà. Donc, on est allés voir la fondation, on leur a dit que ça avait beaucoup de sens pour nous. On était déjà en lien avec eux de par la maladie de Macha. Ils ont été hyper chauds, et c’est une belle histoire qui s’est construite. Ils étaient là au départ, ils ont navigué avec nous. On a eu un petit message de la responsable mécénat hier qui nous a dit qu’ils étaient à fond, ils sont hyper contents. Elle nous a dit : « On vous kiffe ». Et le directeur de la fondation était derrière Virtual Regatta tous les jours, et c’est cool. 

Alexandre  : Et on les représente depuis le début du projet. Donc nous, ça fait 3 ans qu’on a le bateau avec le projet de la Cap-Martinique 2026, et on n’a pas attendu la Cap-Martinique pour faire parler d’eux. 

Damien : C’est important ce que tu dis. En fait, ce qu’on vit là tout de suite maintenant, on l’a construit depuis quasiment 4 ans.

Maintenant, la récompense. Petites vacances prévues en Martinique, ça va être court ?

Damien : Ça va être un peu court parce qu’on les a passées sur l’eau nos vacances ! Donc on va profiter des quelques jours restants avec la famille, les copains, et puis on va prendre l’avion et on va retourner bosser.

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