— 12. 05. 2026
— 12. 05. 2026

Interview ponton – Alex Ozon

Quel est le premier sentiment qui traverse l’esprit à l’arrivée ?

Alex : Cela fait du bien d’être arrivé quand même, parce que c’était long, usant et fatiguant. En plus, j’ai des problèmes de pilote automatique sur le bateau depuis le départ. Donc là, on n’en pouvait plus. Il faut bien arriver au bout d’un moment ; c’est bien beau de se balader, mais nous sommes quand même aussi venus pour nous promener en Martinique.

Tu as parcouru quelle distance au total, tu as regardé un peu ?

Alex : Je ne sais pas, mais nous devons être dans les records parce que là, nous avons vraiment fait le tour. J’avais envoyé un message sur WhatsApp où je m’étais marré en disant que c’était le « GTA », le Grand Tour de l’Atlantique. C’est sûr que c’est fait, et je crois qu’on ne peut pas faire plus grand. Quand tu longes tout, qu’à la fin tu regardes qu’il faut encore plonger, plonger, plonger, et que tu remontes au cap 300 pour venir en Martinique, tu te dis qu’il y a quand même un truc.

Quel est ton plus beau souvenir ?

Alex : Ce sont les deux ou trois runs que nous avons faits. Comme on disait, on a pu faire les « gorets ». Trois fois dans le golfe de Gascogne, j’ai un peu chargé la toile, et puis de nouveau vers les Canaries. Il y en a eu un aussi avec mes petits copains de Midnight, on était tout le temps ensemble. À un moment, il faut bien faire quelque chose. J’ai fait une après-midi à fond les ballons, là c’était vraiment bon par contre.

Est-ce que le JPK 10.50 a tenu toutes ses promesses ?

Alex : Tout d’abord, le cockpit est incroyable. Au départ on se disait qu’il était grand et gros, mais le cockpit est super bien fait. Ensuite, le plan de pont est top parce qu’il est dégagé, et le bateau est dingue, franchement. Le problème, c’est que l’on se pose la question de savoir jusqu’où on peut taper dedans, parce que lui, il ne s’arrête pas. Donc à un moment on se dit qu’il faut se calmer, car de toute façon on l’a bien vu, c’est le bonhomme qui limite. Personnellement, on ne connaissait pas assez le spi asymétrique et on ne le maîtrise pas parfaitement, donc en solitaire on ne peut de toute façon pas le mener à 100 %. Ce n’est pas possible, il faudrait peut-être pratiquer depuis deux ou trois ans, mais là, le mener à 100 % ce n’était pas possible.

À un moment je me suis dit : « Punaise, mais là je fais trois fois 14 nœuds de moyenne ! ». Je me disais : « Mais qu’est-ce qui m’empêche de faire encore plus ? ». Et pourtant j’étais quand même bien dessus, mais je me disais qu’il y aurait encore plus de toile à mettre. Si on était plusieurs à bord, ce serait différent. Ah non, le bateau est complètement dingue, ça c’est sûr. Ils ne l’ont pas raté celui-là.

Tu as été particulièrement actif sur le groupe WhatsApp des concurrents. Cela fait-il partie pour toi de l’esprit de la Cap Martinique, cette entraide ?

Alex : Après, c’est comme tout : celui qui n’a pas la capacité d’aider ne le fait évidemment pas. Aujourd’hui, si tu es pharmacien, c’est normal que l’on te pose des questions sur les médicaments ou sur la médecine. Moi, il y avait quand même pas mal de petits dossiers où je pouvais aider. Déjà, tu peux peut-être les sortir un petit peu de la difficulté. Je pense que dans la vie de tous les jours, de toute façon, si tu peux aider les autres c’est quand même plutôt sympa. En plus, cela a été plutôt bien pris par tout le monde. Je pense que c’était indispensable, en tout cas c’est clair.

Tu as déjà fait la Cap Martinique en 2022 que tu as gagnés et en 2024. Qu’est-ce qui a été particulier sur celle-ci cette année ?

Alex : Cette année, je pense que tous ceux qui partaient en Pogo et en JPK 10.50 se la pétaient un peu. On se disait qu’on allait battre le record. Eh bien non, le record reste celui de 2022 par le 3300, et c’est moi qui l’ai fait. On s’était dit que l’on mettrait au moins une journée ou une journée et demie de moins, que ça allait le faire. Eh bien là, non. Et puis ce sont deux courses différentes, car en 2022, nous avions eu des conditions qui étaient dingues. Les conditions étaient super, on allait tout droit. Après on a eu un peu de molle, mais quand tu vois la différence de trajectoire par rapport à celle de 2022, de toute façon tu ne peux pas arriver devant, ce n’est pas possible. Ou alors, il faut être à 20 nœuds de moyenne tout le temps. Donc ce sont des courses différentes. Certains disent que l’on connaît la route, mais en fait c’est très rigolo parce que ce ne sont jamais les mêmes routes, ni les mêmes trajectoires, ni les mêmes courses.

Je crois que de toute façon, de notre existence, on ne pourra jamais refaire la même route, ce n’est pas possible, sauf s’ils nous mettent un point de passage obligatoire au Brésil.

Quel est le programme maintenant que tu arrives en Martinique ? Tu vas en profiter un petit peu, tu as le temps ?

Alex : J’aimerais bien ! Déjà, j’ai amené la planche de surf, donc j’aimerais bien surfer un petit peu. Et puis, comme on est arrivés un peu tard, il faut quand même s’occuper des bateaux parce qu’il y a un peu de rangement à faire.

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