— 07. 05. 2024
— 07. 05. 2024

Flash : Jacques Montécot et Samuel Lafite seizièmes en Martinique

Jacques Montécot et Samuel Lafite (Loire Odyssée) sont les seizièmes à franchir la ligne d’arrivée de la Cap-Martinique ce lundi 6 mai à 21h16m24s (locale). Le duo a mis 22 jours, 12 heures, 16 minutes et 24 secondes pour parcourir les 3 800 milles entre La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et Fort-de-France (Martinique).

Leurs réactions

Cap-Martinique : Quel est votre premier sentiment en arrivant en Martinique ?

Samuel : C’est déjà de voir la terre après deux semaines. On avait vu Porto Santo il y a deux semaines et c’était déjà exceptionnel et quand on voit la Martinique dans la brume c’est là qu’on se dit “wow, ça y’est on a traversé”. C’est une immense satisfaction.

C-M : Comment s’est passée la traversée ?

Samuel : La première partie au Cap Finisterre était dure et ensuite ça a été difficile car on n’a pas réussi à trouver les alizés donc on a fait beaucoup de reaching sur un bateau qui n’est pas vraiment fait pour ça. On a eu beaucoup de conditions pétoleuses, molles. On a eu douze heures d’arrêt, très dures psychologiquement parce qu’on a vu tous les copains partir. Derrière on s’est rattrapés parce qu’à bord on a une bonne ambiance. On s’entend bien, on a bien mangé, on s’est bien reposés.

Jacques : On a une cocotte minute à bord, c’est extraordinaire. On a fait des petits plats appertisés, c’était très sympa.

C-M : Comment fonctionne le binôme entre vous ?

Samuel : C’est notre deuxième transat’, la première était en 2022. On l’avait préparée dès 2020 puisque la première édition devait partir en 2021. Donc on se connaît depuis 2020 grâce à un ami commun et au final ça se passe bien, on s’entend bien, on déconne.

Jacques : On fait des quarts en fonction de chacun. On trouve un rythme et si l’autre est fatigué on échange donc ça se fait naturellement.

C-M : Sur quels points êtes-vous complémentaires ?

Samuel : Jacques est pied au plancher, il n’affale jamais et moi je lui dit “arrête Jacques on va tout casser”. Donc ça fait une moyenne.

Jacques : Il est très raisonnable heureusement et moi je boue, des fois je me dit “faut qu’il se réveille et qu’on remette de la toile” et il se réveille et me dit “non effectivement il y a encore du vent.”

C-M : D’un point de vue sportif, que retiendrez-vous de cette transatlantique ?

Samuel : C’est long, on a fait 10 jours sur le même bord, bâbord amure, un peu penchés. Donc oui sportivement c’est usant. On est plus venus pour aller chercher des alizés et faire des journées de surf à gogo donc là on reste un peu sur notre faim.

C-M : Comment s’est passée votre préparation ?

Samuel : On a fait une grosse refonte du gréement l’année dernière : gréement dormant, gréement courant.

Et tous les deux, moi je cours un peu et Jacques aussi est sportif et on s’est entraînés pendant plusieurs week-end.

Jacques : On s’est entraînés tous seuls tous les deux mais pas en groupe avec les autres parce qu’il fallait qu’on teste le gréement qu’on venait de changer donc on s’est fait nos trucs à nous. On est partis faire des empennages, ceci, cela.. Pendant 4 à 5 week-end on est partis et on s’est mis en mode course. C’était très sympa.

Samuel : C’était surtout répéter nos gammes. On se connaissait mais comme un musicien il faut répéter, mais ça s’est bien passé. On a vite retrouvé nos automatismes et nos petites habitudes.

C-M : On a senti beaucoup d’émotion à votre arrivée, tout le monde à les larmes aux yeux..

Samuel : Oui on ne traverse pas l’Atlantique tous les jours donc c’est chouette.

Jacques : C’est marrant parce qu’en arrivant, j’ai oublié qu’on était partis il y a trois semaines.

Samuel : Oui il y a eu plein de choses, des galères et des bons moments.

Jacques : On se dit : “tiens, tu te rends compte qu’on est partis de Bretagne et que le bateau est ici maintenant, trois semaines plus tard.” On a eu des moments très forts.

D’ailleurs, à un moment, on s’est mis en fuite car on a eu jusqu’à 55 nœuds de vent. On a pris deux ris dans cette grand voile qui est déjà petite et on s’est mis à l’abri toute une nuit pendant laquelle on n’est pas sortis de la cabine. Le bateau était sous l’eau. C’est impressionnant on n’avait jamais connu ça. Il était à 15 nœuds et des vagues tombaient dans le cockpit sans arrêt donc on ne pouvait pas aller à l’extérieur. Et le bateau tenait. Donc on s’est dit qu’on avait bien fait de changer le gréement.

Puis on a eu une émotion quand on est arrivés à Porto Santo car on avait l’impression d’arriver aux Antilles. C’est la première terre que l’on voit au bout d’une semaine et il y a beaucoup de magie parce qu’il y avait les lumières de Porto Santo et les lumières de Madère car on est passés entre les deux, c’était fabuleux.

Samuel : C’était une drôle d’émotion et en même temps on se dit que c’est pas fini et qu’il reste deux semaines. Mais il ne faisait pas si chaud donc on savait bien qu’on était pas en Martinique.

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