— 26. 04. 2024
— 26. 04. 2024

Cocottes en série

Fatigue des marins, usure du bateau et conditions toniques sont les paramètres de ces dernières 24 heures sur la Cap-Martinique. Alors que la flotte vient de franchir la moitié du parcours, les concurrents ont connu leur lot de pépins et les problèmes de spi sont légion. François Séruzier, directeur de course, est régulièrement alerté quand cette puissante voile d’avant vient s’enrouler autour d’un étai. Elle forme alors une « cocotte », c’est-à-dire un curieux ballon qu’il faut savoir dégonfler sans aggraver la situation. « Le spi est une voile instable, qui se débat et peut faire des nœuds, voire se déchirer » explique le directeur de course, conscient que ces problèmes techniques font et défont les classements. En tête de la flotte des solitaire, Régis Vian en a fait l’expérience. Dans la nuit, il a eu trois manœuvres difficiles avec son spi. Elles lui ont couté quelques milles et surtout beaucoup d’énergie. « Le bilan comptable de cette journée n’est pas fameux. je me laisse distancer par les gros devant, qui, eux, font parler les chevaux dans ces conditions, et derrière, pendant que je galère, ça revient fort » commente le skipper sarthois qui cède sa place de patron des solitaires à Paolo Mangione (Mon Bonheur A Moi). Il n’empêche, même avec ses galères, Régis Vian fait l’admiration des observateurs, à commencer par celle de Daniel Souben, son entraîneur à La Trinité-sur-Mer. « Je suis avec beaucoup d’attention sa course. Il navigue avec des bateaux plus gros et qui sont menés en double alors que lui est tout seul. Il fait une course incroyable. »

En double, Amaury Dumortier et Geoffrey Thiriez (Terre d’Enfants sur l’Atlantique) tirent le meilleur de leur Figaro 2. Ces marins sont issus du Cercle de la Voile des Flandres, un petit club dont sont issus Thibaut Derville et une grande partie des bénévoles de la Cap-Martinique. François Ropartz et Vianney D’Aboville (Les parrains marins) évoluent en milieu de flotte à bord d’un JPK 9’60.  « Ils ont énormément progressé et leur trajectoire est très belle. Cela montre qu’il y a des jeunes en IRC alors que l’on pensait que c’était réservé à un public plus âgé. Ce sont eux qui vont assurer l’avenir de ce type de formule » salue Daniel Souben, leur entraîneur à Orlabay.

Enfin, Robert R. Jacobson et Calanach Mc D. Finlayson (SNSM La Trinité Plain Vanilla) se déroutent vers les Açores. Ils sont victimes d’une avarie de safran qu’ils ne peuvent réparer en mer. Ils devraient rejoindre l’archipel portugais dans la journée de dimanche.

20240425 solenn pure ocean

Ludovic Gérard est troisième en solo à bord de Solenn for Pure Ocean.

Les mots du bord

CHRISTINE MORA ET DIDIER VERNHET – Un palier deux toits

Tout va bien à bord de Un Palier Deux Toits…

Aujourd’hui, deux poissons volants ont fusé devant le bateau, c’était magique ! De petites nappes d’algues par-ci, par-là, un peu partout, dans les safrans parfois. Les vagues sont au rendez-vous, on a retrouvé du vent mais pas encore la bonne vitesse : on est dessus ! Quant à la route… faut avouer qu’on a pataugé dans la semoule, des décisions compliquées alors que c’est sans doute très simple. Personne en visuel ni à l’AIS. Pas de DCC, l’ordinateur fait des siennes. Pour autant, le moral est excellent. Quel bonheur de découvrir ce qui a nourri nos rêves et notre projet ! Philippe accompagne nos pensées dans l’immensité bleue autour de nous.

GEOFFREY THIRIEZ ET AMAURY DUMORTIER – Terres d’enfants

La nuit fut bonne pour notre vitesse moyenne mais inversement proportionnelle à la qualité de notre sommeil ! Hier dans l’après-midi le vent avait commencé à bien fraichir et dès la nuit tombée le vent s’est établi à 30 neuds avec des rafales à 35 noeuds. Du coup ce n’est plus pareil ! On a pris un ris, toujours sous S4 dans une mer assez formée. La couverture nuageuse et les grains omniprésents ont rendu la nuit noire, surtout dans sa première partie. Ça ressemblait un peu à un train fantôme ! Impossible de barrer ! On s’en remet au pilote, à tour de rôle on veille dehors au bon déroulement des surfs pendant que l’autre essaie de dormir… ça a quand même avoiné !

MARINE ET SEBASTIEN PEJOAN– EndoFrance

Après un Cap Finisterre musclé mais sans problème particulier, et quelques jours avec très peu de vent, un alternateur récalcitrant nous a forcé à faire un pit stop de 12h00 à Madère pour réparer avant de pouvoir repartir sereinement à la poursuite du soleil !
Un grand remerciement à Olivier Perroz de Sailing Performance Madeira, toujours souriant, pour nous avoir aidé sur place à Quinto Do Lorde.
Repartis en toute fin de peloton mardi à 3h00 du matin par le Nord pour éviter le dévent de l’Ile, le spi est depuis sorti jour et nuit.

PHILLIPPE TRIEM – Pour un sourire d’enfant

La mer est moins forte comme une piste bleue avec des bosses douces et une petite pente de 20 noeuds. Après le branle-bas de combat avec chalutage qui a suivi l’explosion de mon spi, la douceur Océane agit comme du mercurochrome sur un bobo, appliqué par une maman rassurante. Faut dire qu’à 3 heures du matin après avoir récupéré le bas de son spi et que l’on voit le haut comme un drapeau dans le ciel noir et qu’un bon 25 noeuds de vent se charge de le garder vaillant ; on se demande comment le récupérer. Avec l’aide de la chance j’y suis arrivé et ma voile est prête pour le voilier.

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